09 février 2007
Expiration de la session
Voilààààà, c'est fini
Ne sois jamais amer, reste toujours sincère
T'as eu c'que t'as voulu même si t'as pas voulu c'que t'as eu.
Hé
oui, encore une fois je dois tout laisser tomber, encore une fois je
dois souffler la flamme. Encore une fois, faire les bagages à la
va-vite, encore une fois changer les serrures, mettre une perruque, des
lunettes de soleil, passer la porte en la claquant. Partir déguisée en
pas-moi.
Tu sais, c'est pas ma faute. On a été repérés. On nous
espionne. Bon, je l'avais remarqué depuis quelques semaines. Les
allusions machin. Les théories reprises mot pour mot. L'absence de
surprise dans certains cas. Bon, là, c'est carrément dans le
"persiste/persécute-et-signe".
Je me souviens du coup de fil à Marieke, total choquée par la découverte.
Je me souviens de l'hallucination, d'ailleurs elle passe pas.
C'est pour ça qu'on se tire. Allez, ferme les yeux, je débranche, jte promets t'auras pas mal.
Jpeux pas en dire autant de mon intimité.

Astrid, de Laurier Blanc, à la fin de son errance, son oeuvre bouclée derrière elle: rompre le lien empoisonné qui la retenait ligotée à sa mère.
A
tous ceux qui ont mis des petites bougies partout, des petits coups de
pouces pour me faire avancer, à tous ceux qui m'ont lue, à tous ceux
qui m'ont fait sourire, à tous ceux qui m'ont fait réfléchir, à tous
ceux qui font des fautes d'orthographe (astaaaa tu changeraaaas paaas),
à tous ceux que j'ai aimé lire, à tous ceux qui comprenaient, à ceux
qui galèrent en khâgne:
Merci :)
Mais sûrement pas à ma mère.
Je vous cache pas mon envie de raccrocher le clavier et de ne plus rien écrire de lisible. Sauf des dissertes. Ceci ne se produit dans ma vie QUE pour la 2ème fois.
Et comme on le dit si bien "Jamais deux sans trois ..."
05 février 2007
Suicidaire des études
Ayé, inscrite à IEP Lille, IEP Aix, galère sur site IEP Rennes, tous des bâtards à IEP Dijon.
Sous
prétexte que j'ai la mention Européenne sur mon bac et puis vu que je
présente d'autres IEP, j'ai vu s'écrouler mon rêve russophonique.
Batards.
Sinon, jsuis super excitée, inscrite partout, payage de IEP Lille avec Judith, elle est très fière, moi moins, j'ai peur.
Pis j'ai peur aussi.
Beaucoup.
Maintenant, va falloir travailler...
N'hésitez pas à m'envoyer du soutien. Promis j'vais faire de mon mieux. Mais j'ai peur hein. Vais m'acheter PLEIN PLEIN de Rescue Remedy, du Dr Bach. ça va me saouler, ça sera supayr.
Youhou, je suis la fille suicidaire qui tente Sciences Po alors qu'elle a une cruelle absence de cervelet ! N'est ce pas bioutifoule ?
Bon, jvais bosser "Sciences et Ethique", il s'agit d'être bourrée de sériosité dès maintenant.
PS : Mage, fais-tu les portes ouvertes de l'IEP de Lille en mars ? (dis non, parce que je viens moi, mit hypokhâgnettes, alors ça promet)
Quelque chose de bon et de sain
Bon, la prépa, c'est pas le pied. C'est mieux avec mes nouvelles chaussures de FEMME. Avec le mini talon et la forme un peu en pointe pour donner des coups de pieds à ceux qui dégagent pas assez vite du tramway quand je veux en sortir.
Sinon ai fait croire à ma pauvre mère toute rentrée du Sud que j'abandonnais la question Sciences Po. Elle a marché, voire couru. Ceci est une vengeance du au fait qu'elle n'a toujours pas pigé que la prépa c'est DUR et que je ne suis pas SI intelligente voire carrément DILETTANTE ET OH MON DIEU CARREMENT FIERE DE L'ETRE !
Suis la honte familiale, merci de vos condoléances.
En fait, je me souviens de mes parents comme personnes se foutant royal de mes études. Papa n'en fait pas tout un drame que mes notes ne soient pas très reluisantes, l'avis des profs (éloquent) sur le bulletin le réconforte on dirait.
Mais maman est échaudée, genre autorité de mère remise en question et tout et tout, que Freud il aurait adoré ma mère tellement elle est barrée parfois. Souvent c'est drôle même si c'est gravement chiant, dans le fond.
Madame débarque dans ma chambre et me sort tout de go "Allez finie la belle vie !"
Quelqu'un me dira "la belle vie"/ prépa, sont des mots qui gerbent quand ils sont mis l'un à coté de l'autre.
Donc, ma mère ayant marché franc jeu dans le "jveux paaaaaas préparer sciences po" et imputant ce brusque revirement de situation à un amoureux que j'aurais (ouhhh ayé elle commence à avoir des doutes, dans trois semaines je lui mets la photo de Monsieur Cacahuète sous le pif), bien que trois minutes plus tard je lui sorte "Hey, au premier DS de Sciences Po, j'ai eu 5. Ben là j'ai eu 8 au dernier !!"
Regard torve maternel "ouais ben tant que t'as pas 10 c'est nul".
Bon. Si j'augmente de 3 points à chaque devoir, j'ai 11 la prochaine fois. Et peut etre un peu de répit.
En attendant je ne lasse pas mes mirettes d'admirer le MERVEILLEUX commentaire de la prof "bonne idée d'avoir exploité St Thomas d'Aquin". Thomthom t'es trop mon pote, merci pour ta conception de la guerre juste hyper vieillotte.
En attendant, plus que heuuuu ooh ben normalement les inscriptions de Sciences Po Lille sont ouvertes ...
Le 5 février, il est un peu plus de minuit ...
GNUF.
Pourrait pas m'inscrire avant une semaine, je suis sure que ma mère va m'arracher Khosrov tel l'épilation d'ordi à la brésilienne, stadire très vite mais très douloureusement.
Tanka faire. Ayé, suis inscrite au concours Sciences Po Aix en Provence.
A peur.
Grande machine destin mise en route.
Moi pas savoir faire reset.
01 février 2007
All night long
Voilà, ayé, petite fille entame sa dernière nuit toute seule, à faire ses thèmes d'anglais devant Sex and the City en VO, en guettant Maya par la baie vitrée, à changer les litières, vérifier le courier, faire la vaisselle en dansant.
Bouh. ça va me manquer.
Bon, ce qui me manquera pas, c'est la trouille d'être cambriolisée. ça m'a tenue en haleine quelques minutes tous les soirs avant de m'endormir. Ce qui fait que je suis pas fraiche-fraiche là, avec les devoirs et le manque de sommeil.
Heureusement ce week end je n'ai pas grand chose à faire
- Un DS de 5h en Histoire
- Dormir
- M'inscrire aux concours de Sciences Po
- Choisir mon option Sciences po ...
- Dormir
- Lire
- Regarder Sex and the City
- Dormir
- Beugler "Vous pouvez m'appeller Natashaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah"
- Faire la fofolle en hurlant "des toasts des toasts des toasts !"
Pour les deux dernières, y suffit de se taper une overdose de PAPTAGE !!
C'était quand même trop bien cette semaine de foliz, avec les nuits de foliz, les marrades de foliz devant Sex and the City, le séjour de Marieke avec la sieste de foliz pour la nuque et le poulet au curry qui se sentait mal dans la poele.
Trop bieng.
Allez, demain y'a maman qui revient.
Pitite Moman. ça veut dire que je vais pouvoir dormir sur toutes mes bouclettes.
...
AAAAAAH DES TOASTS DES TOASTS DES TOASTS !!!!!!
Ok ok j'arrête.
30 janvier 2007
Le téléphone de la honte
Je tapote fébrilement le numéro de téléphone. Combiné que je porte à l'oreille.
J'attends, je manque de raccrocher tellement j'ai peur.
Une voix, toute douce, toute apaisée, comme celle d'Astriel me répond.
"Sida info service, bonsoir"
"Heu... bonsoir !" j'ai vaguement réussi à articuler
"Oui j'écoute ?"
"Hum ... ça serait pour savoir comment je peux effectuer le test du SIDA ?"
Voilà, j'ai fait le grand saut, parce que ça m'intéresse, ma santé à moi. ça m'intéresse parce que j'ai quelqu'un dans la tête qui me pousse à penser à plus tard, au futur, à ce qui pourrait arriver. Ou pas.
Alors autant savoir, au fond.
Il s'avère, après petit questionnaire en règle, que je suis clean.
Zut, j'aurais voulu stresser comme Jeaneane Garofalo dans "Reality Bites". Sauf que je suis pas le personnage qu'elle incarne, loin de là.
Donc je sais TOUT et même où je peux faire mon test. Qui s'avère inutile, en fait.
Et là, le monsieur-avec-la-voix-d'Astriel me sort "Et votre copain ?"
Ah ben j'en sais rien, moi, il fait ce qu'il veut avec son système immunitaire, vous savez ... Il peut ptet jongler avec, on lui demandera un de ces quatre.
J'ai réussi à glisser dans la conversation qu'on se prenait déjà la tête sur des prénoms pour les possibles futures têtes blondes et là, Monsieur-cordes-vocales-à-la-Astriel il a trop cru que j'étais une femme battue et que mon copain me prenait pour une machine à pop-corn qui était obligée de faire des enfants contre sa volonté. J'ai du le rassurer à grand renforts de "non non mais on fait encore nos études là !!!!". Tieu, il manifeste pour la démographie exponentielle, c'ti-là.
J'ai raccroché, la tête pleine de renseignements, un peu honteuse, mais avec THE SMILE.
I'm clean !
I'm proud !
I've got a picture of Marieke, her hair dressed like a banana.
Maintenant je vous laisse, j'ai pas fait mon anglais.
29 janvier 2007
At the door
Ayé, j'ai pu trop peur d'être toute seule chez moi, je dors sur deux oreilles et demie après avoir regardé "Borat" (GRAND SUCCES !!!). Je commence bien la semaine à être réveillée par une voix outre-atlantique, qui m'a empechée de me rendormir ce qui fait que je me suis vengée et que j'ai réveillée ladite voix outre-atlantique une septaine d'heures plus tard.
Et ça y est, je me colle aux soldes.
Et j'achète que les trucs qui sont pas soldés. C'est tout moi. Et c'est fort joli alors je suis super contente.
Ma vie en tant que jeune fille libre car maman absente se résume à : courir.
Courir sur le papier pour finir de prendre en notes le cours d'IEP histoire, courir en enfonçant tout dans mon sac, attraper une Marieke que je plante lamentablement 200m plus loin, courir jusqu'à la gare, trépigner en achetant le billet de train, courir jusqu'au quai et me plonger dans le dernier chapitre du Léviathan de Julien Green.
Mon dieu, ce livre est d'une rare violence pour un bouquin de 1929. J'en suis encore toute choquée. Je sors du train sonnée, je monte dans mon bus, encore confusionnée, et je rentre à la maison, en courant presque, pour me rassurer, au cas où la maison aurait déménagé sans me prévenir.
Au détour de la haie, je la vois, grande ile sombre très 70's, je rentre en courant pour vérifier que tout est là, je cours vers le courrier, je rentre, je téléphone, je nettoie.
C'est incroyablement crevant la vie d'une Desperate Houswife. Mais j'adore.
J'adore nettoyer, j'adore cuisiner. J'adore laver. Mais du coup, je fais plus mes devoirs.
Donc j'espère que ma mère me laissera du temps pour moi quand elle rentrera et qu'elle ne profitera pas d'une mini-esclavette dispo. Quoique je serai pas contre une vaisselle de temps en temps.
Et le temps de la coloc a sonné. Charlotte commence déjà à regarder les apparts sur Lille l'an prochain.
Entre moi qui fais tous les IEP de France et de Navarre et Marieke qui hésite entre la fac ou khuber, on est mal barrées pour la coloc.
Et cerise sur la foret noire, j'ai reçu mon bulletin semestriel. Mégagénial. La honte cérébrale de la famille c'est moi. Mon manque d'intéret pour la prépa se fait ressentir.. en anglais.
Les autres profs m'adorent.
Cherchez l'erreur.
Le prof de spé anglais profite de l'intimité du bulletin pour me traiter comme un vieux bout de poisson meme pas bon à faire un sushi. Alors lui, monsieur "très déçu comparé à l'année précédente", il perd rien pour s'en prendre plein la face.
Combien de fois j'ai répété de ne pas de faire d'espoirs sur moi, que je ne serais jamais Normalienne ?
Et quand je pense à Mage Ivoire qui me balance un nonchalant "et qu'est ce que tu fais si t'es admissible ?"
Réponse : je fais "houuuuu hou houhouuuuuuuuuuuuuu" comme dans Alice et June d'Indochine, et je me barre en courant.
Hors de question de mettre le doigt dans un merdier qui m'avalera toute crue.
Pour une fois que je sais ce que je veux, c'est pas le concours le plus sélect de France qui va m'emmerder, quand même (et puis ils aiment pas les looseuses, or je suis la presque looseuse de la classe. Et ça me rend cool. Et j'aime, sauf mon égo qui a pris un sale coup)
Coup de pied au cul pour l'égo ou on reste cool pour les nerfs ? (Je sens déjà d'ici les bottes de Marieke me botter l'arrière train dodu ... niark niark Private Joke !)
28 janvier 2007
My mother is gone but i'm not on my own
Of course not, vu que je passe un temps fou à faire la vaisselle, à regarder Sex And the City, mais surtout à faire de la marrade avec Marieke qui fut à la maison pendant quelques jours.
On en retiendra le coup du "Sushi", merveilleuse façon de se dire au revoir dans un bus, ou de se déstabiliser pendant un DS fort chiant, une bouteille d'eau réveille à coup sur quiconque s'avise de dormir pendant ledit DS, et puis d'ailleurs quand des lycéens bavardent derrière le préfabriqué où nous étions entreposés, rien ne vaut une bonne bourrade dans le mur, exécutée par mes soins. D'ailleurs ces pauvres lycéens ont fui, effrayés par un esprit frappeur. Haha.
On dirait que j'ai apprivoisé la colocation pendant ces derniers jours et l'examen semble être réussi (même si je passe en rattrappage question poulet au curry), et le projet est à l'étude pour l'an prochain.
Si je pars sur Lille pour Sciences Po, il y a de fortes chances pour que Marieke, Charlotte et moi prenions notre indépendance ensemble, dans le vieux Lille. Ou ailleurs.
En outre, ça me permettra d'inviter une personne à lunettes et cheveux bouclés qui confond le maïs et les cacahuètes.
Mais j'avoue, ça me fait bizarre d'être toute seule sans maman ou Marieke là.
J'ai pris un bain, pas rassurée, et pour meubler le silence assourdissant et éloigner les bruits suspects, j'ai lu "Racine et Shakespeare" à voix haute, allongée dans l'eau chaude. Un pastiche du tableau de Millais.
Je serais bien pour la colocation, d'ailleurs je le fais actuellement avec Maya et Okwé mais ça ne m'empêche pas d'avoir peur dans ma maison 70's digne des Lisbon, toute seule, décollée du pâté de maison donc le vent peut la ceinturer et me faire bondir à chaque instant.
J'ai l'impression d'être sur une île et de me préparer à une attaque qui pourrait se présenter à chaque instant. Je suppose qu'être adulte, c'est ne plus sursauter dans sa propre maison au moindre bruit. Même si ça va mieux qu'avant, j'avoue un fond de trouille qui me tord le bide et qui me rend le sommeil léger.
Dur dur de ne plus avoir peur de rien. Peut être même qu'on y arrive pas.
Et c'est pas ça qui va m'aider à réussir la prépa. On applaudira un revirement de situation en anglais (12 ! en version) et en anglais spé (3 en thème au lieu du rondissime 0 habituel; et un 6 en interro scolastique-à-mort alors qu'avant je me hissais avec peine au 4). Comment je suis fièèèèèèèèèère.
M'reste plus qu'à plus avoir peur pour être encore plus fièèèèèèèèèèèère de moi.
24 janvier 2007
Mouve hioure baudi
Ayé, maman partie.
Suis toute seulette dans ma maison qu'on dirait la baraque des Soeurs Lisbon tellement c'est 70's. C'était assez déstabilisant les 3 premières heures.
J'ai recouru au regardage de "Sex and the City" pour me décontracter. Ensuite, j'ai allumé la télé et j'ai éteint le son. Et j'ai dansé tel le pantin désarticulé. Y'a pas à dire, MTV idol, le must-have pour délirer sur les hits de quand j'avais dix ans.
Avec une bouteille d'Evian, j'ai arrosé ma catastrophique khâgne.
Placidement, Adrien, le délégué m'a filé un petit bout de papier.
Déchiffrez par vous même, moi je cotoie Adrien depuis 5 ans et je sais lire le cyrillique, alors le déchiffrer c'est un jeu d'enfant.
Sachez que le prof qui est mon prof de spé, et qui m'a "laissée tomber" quand il a su que j'étais dans la course Sciences potique, c'est lui qui m'a cassée.
Et en regardant ce bout de papier, en le tenant dans mes mains, je ne ressens rien.
C'est quoi ces mots, ces chiffres ?
Je suis 20e. J'étais 11eme l'an dernier. Et alors ?
Je ne suis pas une khâgneuse ? Non, je ne suis pas une khâgneuse. J'ai trop d'ironie, trop d'appétit, trop de joie de vivre, pas assez de cernes, pas assez d'abrutissement inutile sur certains devoirs.
J'ai pourtant consciencieusement prévenu tout le monde sur les petites fiches de début d'année :
Qualités : dynamique
Défauts : dilettante.
Je ne me suis jamais voilé la face, j'ai toujours été une dilettante, je le serai toujours et je ne m'en cache pas. J'ai réussi tout ce que j'ai entrepris parce que je suis dilettante. Alors des chiffres ne décideront pas encore une fois de mon avenir.
Bien sur que je travaille trop l'histoire, la géo, la litté (seules matières où les profs ne m'ont pas "cassée"). Et pas l'anglais. C'est ma spé, et cruel fatum, ça me saoule monstrueusement. Je préfère lire le Léviathan de Julien Greene, La guerre de Troie n'aura pas lieu de Giraudoux, et tous les gentils petits manuels de bachotage de Sciences Po.
Parce que, c'est vrai, j'avoue, moi je veux Sciences Po. J'espère décrocher quelque chose.
Pour une fois dans ma vie, je me sens bien.
Je me sens bien là, toute seule, à sourire parce que j'ai cartonné en géo et que je fais toujours cette blague hypocrite au prof de spé anglais "j'aurais du prendre géo spé, Monsieur !". Big up à papa qui m'a appris les capitales de presque tous les pays du monde et qui surtout m'a appris à placer la plupart des pays.
Là, je me sens bien à danser sur "Gypsy Woman" des Crystal Waters, sur "Machistador" de M, sur "Men in Black" de Will Smith. Du tout, surtout du n'importe quoi.
Juste danser, juste bouger.
Je ne sais pas comment je fais pour bouger bien quand je suis toute seule, comme si j'étais un croisement entre Paula Abdul et Shakira, et quand je me retrouve dans une fête, j'ai l'air une potiche qui sait pas quel est le pied droit et quel est le pied gauche. Je me souviens du mariage d'une lointaine parente, où j'avais dansé jusqu'à m'abrutir, ivre de la sensation de plus rien contrôler parce que c'est le rythme qui me contrôle. Et une femme s'est levée quand j'ai fini par rejoindre ma place, à moitié déshydratée : "Vous dansez merveilleusement bien".
Après le regard des autres est venu tout péter.
Là, je hurlais à plein poumons les paroles de Seal, "Crazy", ma chanson préférée quand j'avais 11 ans :
But we're never gonna survive, unless...
We get a little crazy
No we're never gonna survive, unless...
We are a little...
CQFD.
Je survis dans un monde de brutes. Parce que je suis complètement tarée. Parce que j'ai le sourire derrière un rideau de bouclettes quand tout le monde dans ma classe a les cheveux lisses.
Sauf notre futur Normalien of course. C'est ironique.
23 janvier 2007
Réveil en douceur.
On nous vante les mérites depuis quelques temps de super mégas réveils hyper perfectionnés qui vous réveillent comme si c'était le soleil en personne qui le faisait.
Déjà, si le soleil se permet de me réveiller (ce qu'il fait tous les dimanches matins), il sait qu'il se paye un ramponneau dans la tronche. Ensuite, il se croit où, à rentrer dans ma chambre là ?
Et puis, ça doit couter un max en crème solaire à mettre la veille au soir.
Saloperie d'Olaf le soleil (comprendront les gens qui ont de la culture, ou de la culture de gamin).
Donc réveil machin, réveil truc, réveil soleil. Non mais c'est de l'arnaque.
Moi mon réveil il s'appelle "Dream Machine". HUMPF, y s'y croit vachement, déjà. C'est pas ce truc tout gris qui va m'aider à faire des rêves. Il est hyper sensible aux coupures de courant, ce qui fait qu'il se remet à clignoter à Minuit et ça me fait louper des cours de soutien.
Il a l'habitude de me réveiller à 5h50 alors il se règle presque automatiquement dessus. Sauf que les jours où le prof de philo fait le mec "à la bourre" et nous demande de nous pointer à 9h au lieu de 10h, je suis bien obligée de tout manipuler pour remettre en place une heure décente de réveil.
Donc j'avais prévu 6h17 hier.
Vous me direz "mais c'est quoi le rapport ?" OK ok, mais le truc là, c'est que je vous montre à quel point il est sauvage ce réveil. Je le règle pour ce mardi matin à 6h17, alors qu'il était réglé pour le lundi matin à 6H53.
Je me couche.
Et quelque chose me réveille.
Surement mon portable, vu qu'il fait intermittent du réveil option "pré réveil" à 5h47. Alors je lance une main vaillante hors de mon lit à la recherche de Béhotéguy. Et je me dis en meme temps "bizarre, c'est pas ma sonnerie de réveil".
Dans le coltar où j'étais, je colle mon portable à l'oreille.
"Mmmalloh ?"
"Margaux ?"
NOOOOOOON C GHISLAINE AU TELEPHONE !!!!!!!! BEN WI C MOI, BANANE !!!!! TU CROYAIS APPELLER GHISLAINE 3615 ULLA ?
"C'est Benjamin", a repris la voix.
Oh !
Benjamin, il est trop chou.
Parce que non seulement il me réveille en douceur, mais en plus, pendant que je lui parle je peux allumer ma lampe de chevet, et m'apercevoir qu'il est ... 6H35.
Et que mon bus passe 20 minutes après.
Meme pas stressée du poil, je continue à papoter avec Benjamin, et je me rue dans mes fringues, j'entasse des trucs dans mon sac en espérant que ça serve.
Je me passe un peigne dans la bouclettisation suivi d'un attachage par pince, attrapage de lecteur mp3, mettage de chaussures au pas de course, éteignage lumières, attapage clefs, ouverture porte, claquage, cavalcade, arrivée à l'arrêt de bus.
Trop exaltée, c'est trop bien de se réveiller à la bourre.
Merci la Dream Machine, dite "Machine du matin en retard", mais elle est pas assez forte pour se battre contre moi.
J'envisage de la punir en la plongeant dans un bain de soude ... Miam
22 janvier 2007
Les transports en commun, des sensations GNIIIIIII
Au début, ça commence inauspiciously, comme dirait Mrs Fridge.
Genre Okwé qui lèche la cuiller pleine de sauce au curry qui sert à lier mes miettes de thon qui fourrent ma faluche de midi. Moi, je la regarde en murmurant "elle, elle va vomir".
Ensuite, journée normale. Prof de philo reniflant, prof d'anglais qui se prend la tête sur la sémantique de "maturité", prof d'histoire en pleine goguette sur l'Allemagne entre 2 guerres, pour le cours d'IEP.
C'est après que tout bascule.
Innocemment, vous attendez votre Marieke chérie d'amour, celle qui freeze les flammes de l'Enfer. Et vous partez dare-dare vers le noeud multimodal qu'est le centre ville. Comme vous sortez à 18h et que votre bus est à 19h, vous décidez de prendre le train de 18h36, histoire de rentrer une bonne demie-heure plus tôt.
Sauf que Mariekounette, elle vous supplie d'aller en centre ville prendre le tram qui s'arrête d'ailleurs à la gare. Alors que vous dans un élan ingambe, vous aviez prévu d'aller à la gare avec vos petites pattounes.
Alors vous fondez devant le regard polonais de Marieke (à ne pas confondre avec le regard alcoolisé, c'est trèèèèèèèèès dur, y sont cousins). Et vous lui emboitez le pas. D'ailleurs vous doublez même des gens de la classe. Bande de courts-sur-pattes.
Bien sur, Marieke vous plante devant une rame, celle de 18h16, qui passe, immatriculée "SANS VOYAGEURS".
...
Et puis celle de 18h23 ... SANS VOYAGEURS ... GNIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII
Celle de 18h27 arrive, bondée. Alors je peux pas monter dedans. Et puis il fait froiiiiid.
Tout d'un coup déboule une rame sauvage, celle de 18h30, inconnue au bataillon. Alors je saute dessus et hue, traine moi jusqu'à la gare.
Sauf que cette rame sauvage est elle-même suivie d'une autre rame sauvage.
D'où embouteillage monstre.
Et je passe devant la gare à ... 18h36 ... GNIIIIIIIIIIIII
Marieke je te hais.
J'allume mon téléphone pour l'engueuler quand m'arrive un SMS en pleine gueule. Maman. "Malade, quand tu rentres, donne moi un Zomig". (Le Zomig c'est l'Absinthe de ma mère, ou sa méthadone, ça dépend des jours). Alors je commence à flipper. Je suis en avance de 20 minutes pour mon bus, en retard pour le train, avec une mère malade et j'ai pas encore engueulé Marieke. Alors je commence par engueuler Marieke, et d'ailleurs pour me punir du message assassin que je laisse, 2 trams décident d'essayer de me prendre en sandwich entre eux. Non mais ça va pas ! Ayé je me fais poursuivre sexuellement par des trams ! Attentat à la pudeur sur rails.
Donc, après m'être énervée sur le répondeur de Marieke, je finis par rejoindre mon arrêt de bus. Pour attendre 20 minutes. Dans le froid. Parce que bien sur, mon arret il se trouve au sommet d'une méga montée (je l'ai faite à pied alors I know de quoi i'm causing) donc méga rafales de vent méga gelées méga rapprochées. C'est à dire un rafraichissement méga continu. J'aurais adoré si on était en aout. Or on est en janvier. Donc ça m'allait pas tant que ça.
Le bus arrive, et je manque de hurler à chaque feu rouge, chaque arrêt de passage à niveau "PLUS VIIIIIIIIIITE", je voyais déjà ma mère en train de crever de douleur au fond de son lit. Arrivée à mon arret, je méga sprinte contre le méga vent, je méga manque de me ramasser pour voir que ... Les lumières sont allumées partout et ma mère n'est absolument pas pieutée.
Coule. Alors je rentre, et je la vois, pas à l'article de la mort du tout, avec le petit air d'enfant triste parce que sa maman arrive super à la bourre. Heureusment, elle m'a fait des super pâtes et de la super sauce tomate donc je lui en ai pas voulu, de m'avoir fait peur.
Bilan : les transports en commun c'est sensé faire AVANCER. Et puis nous faciliter la vie aussi. Tu foumongueule toi.
Pis bien sur, Okwé elle a vomi. Tous des chieurs.
PS : Marieke tu es toute pardonnée de m'avoir entrainé une galère transportencommuntique. Je t'aime quand même.

